Les Gratte-ciels // Villeurbanne

Les Gratte-ciels de Villeurbanne

EVOCATION DU LIEU OU DE LA SITUATION

Les Gratte-ciels de Villeurbanne font partie d'un vaste programme d'urbanisation réalisé par l'architecte Morice Leroux. Dans les années 30, un nouveau quartier voit le jour, s'exprimant tout d'abord, dans un contexte de lutte contre les taudis et s'inscrivant dans le mouvement moderniste aux inspirations art déco. Cet ensemble constitue une réponse à une explosion démographique et un besoin de logements décents pour les classes ouvrières. Sur le modèle des gratte-ciels nord-américains, les immeubles sont édifiés grâce à une structure métallique, poutrelles d'acier rivetées et boulonnées et d'un remplissage de briques creuses enduites de ciment vibré, permettant un chantier d'une grande rapidité. Devant l'homogénéité apparente de l'ensemble, on aurait pu s'attendre à un standardisation des appartements, or, il n'en est rien. La distribution des espaces confirme que l'architecture extérieure a permis un remplissage sur mesure d'une enveloppe.

DESCRIPTION DU PARCOURS "FAIRE DECOUVRIR LE LIEU"

Nous nous sommes rendu au niveau de l'avenue Barbusse, vaste avenue arboré de 28 mètres de large, agissant comme un axe de symétrie dans la disposition des immeubles. Notre premier reflexe a été de lever la tête vers le ciel. Nous observons les gratte-ciels, leurs variations de hauteurs (jusqu'à 60 mètres de hauteur), et le rythme des façades décomposées en gradins. Au pied des tours, sous les redents, des commerces prennent place, et entre, se trouve les accès de chaque immeuble, porte d'entrée vitrée aux motifs art déco, laissant entrevoir les halls d'entrées. De longues coursives horizontales qui relient entre elles les montées d'escaliers retiennent l'attention. On remarque alors que les poutres apparentes dans les cages d'escaliers mettent en avant le choix de la transparence du système constructif. On peut y voir une adaptation de traboules lyonnaises ou l'expression architecturale du mouvement moderne, comme le thème de la promenade, du cheminement... Un parcours, un entre-deux, largement vitrés, anime l'intercommunication des paliers d'escaliers et ascenseurs.

RECOMPOSITION DES COMMENTAIRES ET INTERPRETATIONS

Les gratte-ciels de Villeurbanne mettent l'accent sur les types de logements : entre l'immeuble collectif et la maison individuelle, que choisir? La construction en redent permet ainsi de combiner les deux, tout d'abord, en plan avec les pièces des logements qui s'ouvrent sur l'espace public, puis en élévation, avec une succession de terrasses à partir d'un certain niveau. Le reculement systématique de la structure jusqu'à son sommet, donne accès à des espaces de terrasses privatifs assurant une qualité de l'ensoleillement pour chaque appartement. De vastes coursives réunissent les appartements et permettent de circuler à l'abri des intempéries, tout en offrant des espaces semi-privatifs où peuvent s'établir des relations de voisinage et d'entraide. Le bâtiment favorise les relations sociales dans son ensemble. Les appartements sont aménagés en enfilade, on peut même y trouver la séparation wc et salle de bains, dans certains groupes, et  le système de circulation intérieure particulièrement original. Les parties arrières ont une desserte autonome. On peut donc attribuer à ce modèle de logements collectifs le thème de la grandeur du minuscule, de part son étendue dans l'espace urbain, et avec une composition sur mesure mettant l'accent sur les détails.

MOTIFS, EFFETS, FIGURES

Le Motif :

Les terrasses en partie haute des immeubles des Gratte-ciels de Villeurbanne, évoquent l’idée de gradins ancrés dans ces blocs de grande hauteur. En retrait par rapport au linéaire des façades verticales , elles se détachent et deviennent un élément fort de l’architecture. Les redents dans le même esprit, viennent briser, ici, la linéarité horizontale. Les Gratte-ciels, comme le laisse signifier leur nom, sont déjà une référence aux hautes tours édifiées Outre-Atlantique sur les abords des grandes avenues à l’américaine.

L’Effet :

L’effet créé à première vue par cet ensemble est un effet d’unité des grandes façades exposées à la lumière, et de continuité jusqu'à l’Hôtel de Ville,. Mais derrière cela se cache une grande diversité des détails : dans les fenêtres, les vitraux, les rythmes. Venant créer à l’intérieur des ambiances toutes aussi variables. Les différentes terrasses, privées où partagées entre plusieurs appartements accentuent cet effet paradoxal d’unité d'un tout composé d'éléments multiples. On assiste ici à un effet de contraste entre espace privé et espace partagé et de variation des rythmes. De même, les appartements réalisés sur mesure selon chaque groupe d’immeuble participent à cette sensation : certains en enfilade, d’autres plus grands avec séparation des sanitaires…L’expérience des Gratte-ciels est le vécu d’une homogénéité apparente qui se dynamise et se diversifie en intérieur et au travers de détails.

La Figure :

Comme exposé précédemment, les logements sont conçus pour la classe ouvrière. L’idée ici est de créer un habitat pour le travailleur lambda avec les avantages d’une vraie vie de quartier. La création d’infrastructure palais du travail, commerces... fait de l’usager, non seulement un habitant de chaque immeuble mais un habitant d’un quartier revalorisé par rapport aux taudis se multipliant aux alentours.

Vivre dans le quartier aujourd’hui :

Les Gratte-ciels de Villeurbanne restent aujourd’hui l’unique modèle de centre-ville érigé comme un ensemble. C’est un manifeste sans équivalent d’une collaboration entre technique, architecture, règlement et politique. Cependant, l'exigüité des logements banalement conçus, la profondeur de quelques uns des redents qui réduisait considérablement la vue et l'ensoleillement dans certains de ces logements idylliques tendaient à réduire le rêve social idéalisé.

Aujourd’hui, toujours consacrés à des logements sociaux, ils ont subit des rénovations (notamment en terme d’isolation phonique et thermique par l’extérieur) afin de respecter les normes actuelles.

Suite au réglementation concernant les immeubles de grande hauteur, deux étages on dût être condamnés, faute de moyen d’effectuer les travaux nécessaire.  

Mathilde Vial // Bénédict Bélier // Jocelyn Jouret // Rachel Martins // Cours de Méthodolgie // 4ème année

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